Le pigeon dans l'ombre du Bouddha
 

Source : Internet

Un jour, Bouddha Sakyamuni faisait une promenade méditative dans une forêt près du Jetavana Vihara, Son disciple Sariputta suivait lentement derrière Lui. A ce moment-là, un vieil aigle était en train de chasser un pigeon dans le ciel ; le pigeon, très effrayé, se sauva en toute hâte aux côtés du Bouddha pour chercher refuge.

Lorsque l'ombre du Bouddha fut projetée sur le pigeon, celui-ci se tint aussitôt paisiblement, dans le silence absolu, ne montrant pas le moindre signe de crainte. Cependant, lorsque l'ombre de Sariputta fut projetée sur le pigeon, celui-ci trembla et gazouilla nerveusement dans un état de crainte immense.

Sariputta avait de grands doutes dans son esprit. Il se tourna vers le Bouddha et demanda : « Le Bouddha et moi-même sommes tous deux débarrassés des trois poisons de l’avidité, de la colère et de l'ignorance, pourquoi lorsque l'ombre du Bouddha fut projetée sur le pigeon, celui-ci se sentit-il immédiatement à l'aise sans même un gazouillement et ne montra aucun signe de crainte ; alors qu'au moment où mon ombre fut projetée sur le pigeon, celui-ci devint terrifié au-delà de la compréhension ? »

Le Bouddha répondit : « C'est parce qu'il reste encore des propensions habituelles des trois poisons dans ton corps qui n'ont pas été entièrement épurées. Ainsi, lorsque ton ombre était projetée sur le pigeon, cela engendrait encore de la crainte au pigeon. »

Bien que Sariputta crût aux mots de vérité du Bouddha, il était cependant encore dans le doute. Au même moment, le Bouddha, avec un pouvoir transcendantal non restreint, pouvait déjà savoir que Sariputta était perplexe. Le Bouddha demanda donc : « Regarde le pigeon, depuis combien de temps penses-tu que ce pigeon a perdu son corps humain pour devenir un pigeon ? »

Immédiatement, Sariputta entra dans le samadhi de la prédestination et vit que le pigeon avait été sous une telle forme de réincarnation durant les derniers quatre-vingts mille grands éons. Quant aux vies antérieures à cette période, il n'en avait pas la connaissance. Après être sorti du samadhi, il fit un rapport au Bouddha : « Le pigeon a été sous la même forme de réincarnation durant les derniers quatre-vingts mille grands éons. Quant aux vies antérieures à cette période, votre disciple n'en a aucune idée. »

De nouveau, le Bouddha demanda à Sariputta : « Si tu n'es pas capable de connaître toutes les vies antérieures du pigeon, essaie alors de regarder ses vies futures et de découvrir quand il se détachera du corps de pigeon et se réincarnera en forme humaine. »

De nouveau, Sariputta entra dans le samadhi où il vit que même après quatre-vingts mille grands éons, le pigeon serait encore resté un pigeon. Néanmoins, cela dépassa le pouvoir transcendantal de Sariputta d'aller au delà de cette période. Sariputta était incapable de dire quand le pigeon se serait débarrassé de son corps de pigeon. En conséquence, Sariputta sentit une grande honte et, dans le repentir, il dit au Bouddha : « La sagesse de votre disciple est limitée et si peu profonde que je ne peux même pas dire le début ni la fin de la réincarnation du pigeon, encore moins les autres choses ! Aujourd'hui, je réalise enfin la profondeur et l'immensité de la sagesse du Bouddha. Moi, votre disciple, je fais donc voeu d'apprendre diligemment et de pratiquer la voie de bodhisattva dans toutes mes vies futures. Si, dans ma poursuite de la sagesse du Bouddha, je tombe dans l'enfer d'Avichi et souffre durant des éons sans fin, ces faits ne seront pas considérés comme des choses difficiles. »

Post-scriptum :

Dans cet exemple : « Sariputta avait de grands doutes dans son esprit ; il croyait que puisque le Bouddha et lui étaient débarrassés des trois poisons de l’avidité, de la colère et de l'ignorance, pourquoi le pigeon ne craignait-il pas le Bouddha, mais était si pétrifié par lui ? » C'est un défaut commun des disciples qui supposent qu'ils ne sont pas très différents de leur Guru. Par conséquent, inconsciemment, ils dénigrent et montrent de l'irrespect envers leur propre Guru. Ils pensent même qu'importe tout ce que peut réaliser leur Guru, ils sont capables de faire la même chose.
   
Ces pratiquants bouddhistes qui pensent qu'ils sont déjà débarrassés des trois poisons de l’avidité, de la colère et de l'ignorance, constatent souvent que ce n'est pas le cas lorsqu'ils rencontrent les épreuves réelles dans leurs vies quotidiennes. Ce fut pourquoi le Bouddha enseigna à Sariputta : « Il reste encore des traces des trois poisons dans ton corps qui n'ont pas encore été entièrement épurées. Par conséquent, lorsque ton ombre était projetée sur le pigeon, elle engendrait encore de la crainte au pigeon. » Ainsi, les pratiquants bouddhistes doivent toujours se mettrent en garde s'ils commettent, sur le moment, les trois karmas négatifs du corps, de la parole et de l'esprit. Et vous, en tant que disciple, vous devez comprendre et apprécier le fait que votre Guru fait tout son possible pour vous enseigner et vous éclairer en toute estime. Vous devriez accepter avec humilité et joie les enseignements et les conseils donnés par votre Guru. C'est simplement parce que votre Guru souhaite, avec la meilleure et la plus aimable intention, hisser votre spiritualité à un niveau plus élevé.
   
Bien que Sariputta eût déjà atteint l'état d'arhat et possédé les six types de pouvoir transcendantal, comparées au Bouddha, ses capacités étaient limitées. Prenez par exemple le pouvoir transcendantal de prédestination, un arhat peut seulement posséder la connaissance de faits sur cinq cents vies dans le passé et le futur respectivement, alors que le pouvoir transcendantal de prédestination du Bouddha est infini. Il n'y a absolument aucune comparaison entre le Bouddha et les pratiquants bouddhistes.
   
Lorsque les gens ordinaires commettent un mauvais karma et tombent dans le royaume animal après la mort, ce n'est rien moins qu'une perpétuelle souffrance avec aucun espoir de délivrance. Juste comme le pigeon, on ne sait vraiment pas combien d'éons de plus on doit traverser avant de pouvoir retourner à l'état humain. Par conséquent, le Bouddha rappelle toujours à ses disciples que : « Le corps humain est difficile à obtenir. » Nous devrions tous apprécier nos corps humains !