Les femmes convertissent leur époux
 

Rinpoche fit un discours en premier le 25 avril 1993
Rinpoche le réitéra dans l’Association Vajrayana (France) en juillet 1993
Mis en ligne sur le site le 24 octobre 2014 (environ vingt-et-un ans après)

Introduction
Le texte original provient du SutraLe Bouddha parle de divers sutras bouddhistes (佛說雜藏經) 】
A l'époque où Bouddha Sakyamuni demeurait dans le monde, il existait un Etat appelé Avanti qui était prospère et dont le peuple était fort. Son roi s'appelait Udayana et il avait vingt mille femmes. La première dame (la préférée) s’appelait "Yue Ming". Elle était si belle que le roi l'aimait beaucoup.

Un jour, quand le roi organisait une grande fête de divertissement, il demanda à Yue Ming de danser pour lui. Vêtue de beaux vêtements avec des bijoux en or et en argent comme ornement, ainsi qu’avec sa charmante silhouette, Yue Ming était très jolie quand elle dansait. Cela rendait le roi très heureux. Le roi excellait dans la physionomie et il trouvait que Yue Ming n'avait pas une bonne mine. Il lui demanda alors de venir devant lui pour qu'il pût l’examiner plus attentivement. Il se trouva que son épouse bien-aimée serait confrontée à un grave désastre et qu’il lui restait seulement six mois d’espérance de vie. En éprouvant de la souffrance de l’éloignement de l'être cher, le roi exprimait de la tristesse sur son visage.

Yue Ming vit l'expression de souffrance du roi et lui demanda les raisons. Comme il s’agissait d’une question critique qui impliquait la mort, le roi cacha la vérité et n’en dit rien afin de ne pas choquer et inquiéter Yue Ming. Sous la demande incessante de Yue Ming, le roi lui donna la réponse. Après avoir appris la vérité sur sa situation, Yue Ming n'était ni inquiète ni anxieuse. Au contraire, elle persuada le roi de ne pas s’inquiéter pour elle en lui disant que si un être vivait, il devrait aussi mourir. Elle demanda également si le roi lui permettait plutôt de devenir une nonne pour pratiquer le Bouddhisme.

Le roi était content et accepta de laisser Yue Ming devenir une nonne (peut-être parce que Yue Ming commençait à faire apparaître un visage mourant qui la rendait moins belle qu'auparavant. Il était difficile de savoir si le roi avait perdu son intérêt pour elle, comme il avait encore beaucoup d’autres femmes que Yue Ming). Afin de lui renforcer la foi pour devenir une nonne, le roi prit l’initiative de suggérer de prononcer un voeu pour elle : « Quand tu seras une nonne, tu observeras les préceptes et tu pratiqueras le Dhyana (méditation). Même si tu ne pourras pas atteindre l’Eveil, tu pourras certainement renaître dans les cieux en tant que deva. Reviens vers moi à ce moment-là et je te suivrai pour devenir un moine. » Yue Ming accepta immédiatement son vœu.

Après être devenue une nonne et avoir pratiqué le Bouddhisme pendant six mois, Yue Ming décéda. Elle se réincarna dans le Rupaloka (le Domaine de la Forme, une destination de renaissance possible pour ceux qui pratiquent bien le Dhyana). Après avoir appris les causes et les liens, ainsi que les serments dans sa vie antérieure au cours de son Dhyana dans les cieux, Yue Ming retourna voir le roi. Cependant, le roi se trouvait souvent au sein des cinq désirs (les désirs de richesse, de sexe, de nourriture et de boisson, de gloire et de sommeil découlant des cinq sens). Il était si occupé à se distraire avec ses femmes et les servantes du palais que Yue Ming était incapable de l’émouvoir et de l'inspirer. Elle utilisa alors son pouvoir surnaturel pour se transformer en une Rakshasa féminine (un être démoniaque de la mythologie hindoue qui est considéré comme un mangeur d’hommes) qui avait un aspect effrayant. Elle apparut devant le roi et lui dit : « Tout ce que tu possèdes maintenant sera à moi, car il est temps de mourir. Je crains que personne ne puisse te sauver. »
Le roi dit : « Je vais pratiquer l’esprit de bienveillance et je vais renaître dans un bon endroit après ma mort. Qui êtes-vous qui m’effrayez tant ? »
La femme Rakshasa répondit : « Je suis ton ex-épouse, Dame Yue Ming. Je suis de retour pour que tu deviennes un moine et que tu pratiques le Bouddhisme. »
Le roi dit : « Vous avez dit que vous étiez Yue Ming, comment puis-je vous croire ? »
La femme Rakshasa redevint immédiatement Dame Yue Ming. Portant la même tenue que dans le passé, elle avait l'air encore plus belle en apparence et en teint qu'auparavant (avant, elle avait l'air d’une personne mourante).

Voyant Yue Ming (devant lui), le roi avança tout de suite pour l'attraper et tenta de l'embrasser. Yue Ming s’éloigna de son chemin et monta dans les airs. Elle donna un discours du Dharma au roi. Elle dit au roi la vérité sur la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort, ainsi que la noble vérité des Douze Liens d’Origine Interdépendante. En conséquence, le roi corrigea sa mauvaise conduite et revint aux bons actes. Il réussit à apprivoiser son cœur luxurieux et promit de devenir un moine.

Après avoir abdiqué son trône au profit du prince le lendemain matin, le roi partit seul pour devenir un moine et pratiquer le Bouddhisme. Un grand nombre de rois eurent pitié de lui, mais le roi répondit : « C’est vous qui êtes réellement pitoyables. »
Le roi atteignit finalement l’état noble d'un Arhat (un être éveillé).

Discours principal
Parmi les femmes croyantes bouddhistes qui viennent au sanctuaire pour apprendre le Bouddhisme, certaines sont des femmes mariées, tandis que d'autres sont des jeunes filles ayant un petit ami. Etant donné que Rinpoche, responsable de la propagation du Dharma dans notre sanctuaire, est un homme et qu'il y a inévitablement d'autres disciples masculins, les maris / petits amis de ces femmes croyantes ne sont naturellement pas trop rassurés. Après que ces épouses / petites amies ont étudié dans notre sanctuaire au bout d’un certain temps, leurs maris / petits amis demandèrent à les accompagner au sanctuaire. Superficiellement, ils disaient qu’ils étaient également intéressés par le Bouddhisme, mais ils essayaient en fait d’examiner ce qui se passait, de voir s’il existait des tromperies (tromperies pécuniaires et sentimentales) ou des rendez-vous arrangés entre un homme et une femme (si l’on courait après leurs épouses / petites amies) etc.

Bien que ce ne soit certainement pas une bonne cause de venir au sanctuaire pour apprendre le Bouddhisme de cette manière, la plupart des maris / petits amis que les adeptes féminins ont amenés ont un grand changement dans leur esprit et leur âme sous l'influence et l'enseignement du Dharma de Bouddha et des principes justes. Ils deviennent totalement différents par rapport à leur attitude initiale lorsqu’ils sont arrivés avec une grande appréhension. Certains d’entre eux qui, au départ, ne croient pas du tout au Bouddhisme commencent peu à peu à en avoir la foi. Ceux qui possèdent à l'origine une certaine base dans le Bouddhisme deviennent tellement dévoués aux études bouddhistes qu'ils dépassent même l'engagement de leurs épouses / petites amies. Beaucoup d'entre eux peuvent aller jusqu'à consacrer tous leurs efforts à l’étude du Bouddhisme et à la pratique.

Conclusion
Ne sous-estimez pas les femmes qui sont relativement plus douces en personnalité. Lorsqu'un lien interdépendant se produit, leur esprit devient intelligent à l'approche de la fortune (bonne chance). Cela inspire leur sagesse et elles vont naturellement apprendre le Bouddhisme. Il est particulièrement appréciable que certaines d'entre elles ont converti leur mari pendant que d'autres ont converti leur petit ami. Tout comme le 14ème précepte desQuatorze transgressions-racine du Vajrayanaqui dit : « Ne méprisez et ne calomniez pas l'intelligence des femmes ».