Le Pu Chan Xing(普顫行) et le Pu Xian Xing(普賢行)
du Bodhisattva
 

Rinpoche fit ce discours en premier le 12 décembre 1993
Rinpoche le réitéra dans l’Association Vajrayana (France) en septembre 1994
Mis en ligne sur le site le 1er novembre 2014 (environ 21 ans après)

Introduction

1. Le terme "Bodhisattva" est très large. Qui peut être appelé Bodhisattva ? Ceux qui oeuvrent pour le bien des êtres sont des Bodhisattvas.
Ne serait-ce pas trop facile de devenir des Bodhisattvas ? Certainement ! Néanmoins, les Bodhisattvas sont classés en Dix Bhumis / Dix Terres (dans le Bouddhisme exotérique) (remarque : "Bhumi" est le terme sanscrit qui signifie littéralement "terre". Chaque étape représente un niveau de réalisation et sert de base pour la suivante. Pour devenir un Bouddha à partir de la position d’un Bodhisattva, on doit passer par les dix bhumis ou terres).
   
2.

Ce n'est vraiment pas facile d’atteindre le Bhumi de Bodhisattva. En ayant propagé le Mahayana (le Grand Véhicule), en ayant écrit un traité intitulé « l’Eveil de la foi dans le Mahayana », et en tant que grand maître des huit écoles du Bouddhisme Mahayana, Bodhisattva Nagarjuna, originaire de l’Inde (ancienne), ne peut seulement être qu’un "Bodhisattva du Premier Bhumi". On peut bien imaginer à quel point il est difficile d’atteindre les autres Bhumis.

Les textes de référence concernant Bodhisattva Nagarjuna
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3. Ainsi, les bouddhistes qui cultivent la "pratique du Bodhisattva" et pratiquent la Voie du Bodhisattva sont simplement des Bodhisattvas au "cœur-donnant initial". Il faut passer par les Dix Degrés de la Foi, Dix Demeures, Dix Pratiques et Dix Transferts de mérites pour pouvoir atteindre l’état de "Bodhisattva d’Avant-Terre".
   
Contenu
(A)
1. Le Premier Bhumi de Bodhisattva, également connu sous le nom de la "Joie parfaite (en sanskrit : Pramudita)" ; ce niveau de Bodhisattva peut éliminer les vues illusoires et percevoir les deux principes de la vacuité pour obtenir la réalisation du Paramita de Dana (Dana signifie don de bienfaisance). On réalise ainsi une grande joie et on atteint immédiatement le Premier Bhumi.
   
2. Le Second Bhumi de Bodhisattva, également connu sous le nom de "Sans tache (en sanscrit : Vimala)" ; ce niveau de Bodhisattva peut rompre les pensées troublantes et se débarrasser de la faute commise afin de pouvoir avoir un corps pur et d’obtenir la réalisation du Paramita de Sila (Sila signifie observer les préceptes). Comme l’on est si pur que l'on se libère de toutes impuretés morales, on parvient à atteindre le Second Bhumi.
   
3. Le Troisième Bhumi de Bodhisattva, également connu sous le nom de "Ce qui illumine (en sanscrit : Prabhakari)" ; ce niveau de Bodhisattva peut éliminer l'obscurité de l'ignorance et briser les obstacles afflictifs ainsi que les obstacles cognitifs afin d'obtenir la réalisation du Paramita de Ksanti (Ksanti signifie endurance et patience). Avec la suppression des obstacles et la levée de l’obscurité, on peut donc atteindre le Troisième Bhumi.
   
4. Le Quatrième Bhumi de Bodhisattva, également connu sous le nom de "Ce qui irradie (en sanskrit : Arcismati)" ; ce niveau de Bodhisattva pratique diligemment les Trente-sept Aspects de la Voie vers l'Eveil (c'est-à-dire les Quatre Fixations de l’Attention, les Quatre Efforts justes, les Quatre Bases du Pouvoir Méditatif, les Cinq Racines, les Cinq Pouvoirs, les Sept Facteurs de l'Eveil et les Huit Chemins Nobles qui font un total de Trente-sept Aspects de l'Eveil). En passant à l’étape suivante, on peut alors pratiquer le Dharma unique (c’est-à-dire les dix-huit mérites et vertus du Bouddha) qui permet d’avoir la réalisation du Paramita de Virya (Virya signifie persévérance des efforts et de la diligence). Puisque la connaissance et la sagesse peuvent être aussi florissantes qu’une flamme, on parvient à atteindre le Quatrième Bhumi (Post-scriptum : il y a une roue de flamme florissante de la sagesse sur la tête du Bodhisattva de ce niveau).
   
5. Le Cinquième Bhumi de Bodhisattva, également connu sous le nom de "Extrêmement difficile à maîtriser (en sanscrit : Sudurjaya)" ; dans le but d’oeuvrer pour le bien des êtres, le Bodhisattva de ce niveau apprend en externe diverses compétences en guérison, divination, horoscopie, etc. (en médecine, en astronomie, en calendrier, les cinq éléments "le métal, le bois, l’eau, le feu et la terre", en divination et en musique, etc.) ainsi que toutes sortes de techniques, d’arts et de métiers. Ce Bodhisattva pratique la méditation en interne pour réaliser la grande sagesse à travers la pratique du Samadhi. En suivant les coutumes du monde à l’externe mais en pratiquant le Paramita du Dhyana (Dhyana signifie la méditation) à l’interne, personne sur Terre n'a la capacité de vaincre ce Bodhisattva et ce Bodhisattva peut ainsi atteindre le Cinquième Bhumi.
   
Note : Aujourd'hui, nous discutons simplement sur les cinq premiers bhumis/terres afin que nous puissions avoir une connaissance sommaire des étapes de l’atteinte des Bodhisattvas.
   
(B)

Puisque nous évoquons les Bodhisattvas, présentons le "Pu Xian Xing" (les pratiques) du "Bodhisattva Samantabhadra" en particulier. Avant de parler du "Pu Xian Xing", j’aimerais expliquer d’abord un peu le sujet du "Pu Chan Xing".

Ceux qui pratiquent le "Pu Chan Xing" – éviter de montrer leurs capacités et ne pas rivaliser avec les autres. Rester mondain dans tout et même se souiller sans hésiter. Etre disposé à occuper une place humble parmi d'autres et pouvoir supporter tous types de travaux pénibles. C'est pourquoi les Bodhisattvas apprennent des compétences intellectuelles externes pour le bien des êtres.

Ceux qui pratiquent le "Pu Xian Xing" – cultiver des méthodes ésotériques dans le but d’atteindre le Samadhi (c'est-à-dire la pratique interne du Paramita de Dhyana de Bodhisattvas). Ils protègent et soutiennent également les préceptes du Bouddha.

Note :
Malheureusement, seul le Pu Chan Xing (c’est-à-dire que tout le monde dit que l’on peut se souiller) peut être vu de nos jours, mais pas le Pu Xian Xing (c’est-à-dire que tout le monde s’abstient d’observer les préceptes en pratiquant le Dhyana). C'est vraiment dommage.
Pour certains, ils pratiquent le Pu Xian Xing, cependant, il manque de Pu Chan Xing (c'est-à-dire qu'ils refusent de se sacrifier…).
Un véritable Bodhisattva met simultanément en pratique le Pu Chan Xing et le Pu Xian Xing.