Bien connaître la motivation à apprendre le Bouddhisme
 

Nous sommes actuellement dans l'ère de la fin du Dharma, les discours erronés abondent, rendant facilement les personnes débutantes dans l'étude du dharma de Bouddha très confuses au sein de différentes pensées du monde extérieur et les éloignant du dharma authentique. Comment pouvoir bien garantir que tout le dharma de Bouddha que nous apprenons est une connaissance juste et une vue juste ? Il faut alors tout d'abord bien connaître notre propre motivation à apprendre le Bouddhisme !

Durant ces dernières années, le Bouddhisme tibétain s'est peu à peu répandu vers l'Orient et l'Occident, mais les personnes qui n'ont pas pu comprendre de manière profonde le dharma tantrique sont encore très nombreuses. Le dharma tantrique est de plus mal interprété comme un moyen d'acquérir de la richesse et du pouvoir à travers les prières, comme s'il suffisait d'implorer pour obtenir tout ce qu'on souhaitait. Il existe donc des personnes qui recherchent un Maître et implorent le dharma dans le but d'améliorer leur vie professionnelle, d'augmenter leur richesse, de rencontrer l'âme sœur… Il n'y a nul doute que pratiquer le dharma tantrique peut nous apporter du bonheur matériel, mais il faut savoir que ce ne sont que des moyens habiles utilisés par les Bouddhas et Bodhisattvas pour porter secours aux êtres. Selon les sutras : « On accroche d'abord le désir comme appât à l'hameçon, pour ensuite mener à la sagesse de Bouddha ». Afin de sauver les êtres, les Bouddhas et Bodhisattvas commencent à satisfaire d'abord les souhaits des êtres, puis ils les guident progressivement vers les connaissances et vues du Bouddha. En d'autres termes, tous types de bonheur obtenu permettent seulement aux personnes étudiant le Bouddhisme de ressentir un peu la subtilité du dharma de Bouddha. Cependant, il n'y a rien qui soit éternel en ce monde : les êtres rencontrent la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort ; tous les phénomènes passent par la naissance, la stabilité, l'altération et la disparition ; le monde traverse les phases de formation, d'existence, de destruction et d'annihilation ; tout est transformation soudaine. Tous les travaux, la célébrité, la richesse, la prospérité, les bonheurs acquis et même notre corps physique sont impermanents et disparaîtront. Ainsi, apprendre le dharma de Bouddha uniquement dans le but d'implorer du bonheur ne permet pas d'atteindre la délivrance ultime.

Par ailleurs, un grand nombre d'êtres humains apprennent le Bouddhisme pour acquérir des pouvoirs magiques, des capacités extraordinaires. Cette motivation n'est bien sûr pas correcte non plus. Le pratiquant du Vajrayana, après de longues pratiques, acquiert naturellement les cinq pouvoirs supra-mondains (la vue transcendantale, l'ouie transcendantale, le pouvoir de connaître les vies passées, le pouvoir de connaître les pensées d'autrui et le pouvoir de se manifester partout). Bien que ces capacités soient difficiles à acquérir, les pratiquants non-bouddhistes et les esprits possèdent, eux aussi, des pouvoirs magiques, même des capacités des cinq pouvoirs supra-mondains, mais ils restent encore dans le cycle du samsara, incapables de s'en libérer. Ceci illustre bien que les pouvoirs supra-mondains ne nous permettent pas de nous délivrer du cycle de vie et de mort.

La pratique du dharma de Bouddha souligne l'importance de la volonté de se délivrer, l'importance de la compassion et celle de l'aspiration à l'esprit d'Eveil. Elle n'a pas de lien direct avec les pouvoirs supra-mondains. Les grands pratiquants et les Bodhisattvas se basent sur la compassion accompagnée des pouvoirs supra-mondains pour sauver les êtres, donnant ainsi une signification spéciale aux pouvoirs supra-mondains.

En fait, les êtres savent tous que le but d'apprendre le Bouddhisme est de « se délivrer de la vie et de la mort, de se libérer des tourments, d'atteindre l'état de Bouddha ». Mais rares sont les personnes qui peuvent vraiment approfondir les sutras, rechercher le sens du dharma de Bouddha, voire pratiquer réellement. Maintenant, réfléchissons de nouveau sur notre motivation à apprendre le Bouddhisme afin de rechercher la juste Voie, Voie de la vérité et de la sagesse, d'avoir une action de Bodhisattvas bénéfique à autrui, de connaître les théories : « tous les dharmas sont dépourvus de soi », « la nature de la coproduction conditionnée est vide ». Face à tout ce qui appartient au monde mondain, il faut être non-attaché, pratiquer ensuite selon les trois disciplines « préceptes, méditation, sagesse » afin de vaincre l'ignorance et de rompre la racine de vie et de mort. Cela permet ainsi d'obtenir la délivrance, la joie du nirvana. De plus, il faut effectuer un grand vœu : que tous les êtres soient délivrés de la souffrance, qu'ils soient tous libérés, voilà la vraie délivrance !