Historique du Bouddhisme tantrique tibétain

 

Le Bouddhisme a été véritablement introduit au Tibet lors du règne du roi Song Tsen Gampo (569-650). Celui-ci épousa une princesse chinoise et une princesse népalaise. Toutes deux bouddhistes, elles avaient emporté des statues du Bouddha Sakyamuni au Tibet. Pour elles, le roi fit alors construire les temples de Jokhang et de Ramoche. Par la suite, il envoya ses sujets en Inde pour y étudier le sanskrit. La langue tibétaine fut ainsi créée. Par ailleurs, des traductions de textes bouddhistes commencèrent à être effectuées. Le Bouddhisme n'était cependant pas fortement répandu car la religion de l'époque, le Bon, avait une grande influence.

Monastère de SamyeQuant au Bouddhisme tantrique, il se répandit au Tibet lors du règne du roi Trisong Deutsen (755-797). Ce dernier invita le maître bouddhiste indien Shantarakshita au Tibet pour aider à la construction de temples bouddhistes. Mais les démons furent nombreux et l'édification de temples ne put être réalisée. Sur les conseils de Shantarakshita, le roi tibétain invita alors le maître tantrique indien Padmasambhava qui, de par ses pouvoirs, vainquit les démons. Padmasambhava et Shantarakshita réunirent leur force pour la construction du premier monastère tibétain destiné aux moines bouddhistes - le monastère de Samye qui fut édifié au terme de douze années. Puis sept jeunes aristocrates tibétains y devinrent moines. Ce fut le commencement de la communauté Sangha au Tibet.

Bien qu'ayant prêché le Vajrayana, Padmasambhava ne le répandit pas de manière massive. Il donna des enseignements uniquement à ceux qui avaient une base. Des maîtres du Vajrayana arrivèrent par la suite au Tibet. Ils firent des traductions de textes tantriques et transmirent les quatre classes de Tantras. Le Vajrayana commença alors à être répandu.

En 841, le roi Lang Darma commença son règne. Il sema la terreur et causa la quasi-disparition du Bouddhisme. Il fit démolir les temples, brûler les textes et ordonna la mise à mort de moines bouddhistes. Bien que ce roi fût assassiné l'année suivante, les plusieurs dizaines d'années qui suivirent furent une période "sans Dharma" car seule la première religion du Tibet, le Bon, dominait. Il n'y avait plus d'ordinations de moines bouddhistes au Tibet.

En 911, des ordinations de moines bouddhistes réapparurent, annonçant la fin de la période du "sans Dharma".

Par la suite, le grand traducteur Rinchen Zangpo (958-1055) revint au Tibet et répandit le Vajrayana enseigné par le maître Padmasambhava.

Le grand maître indien Atisha (982-1054) arriva au Tibet en 1042. A cette époque-là, Rinchen Zangpo qui était alors âgé de quatre-vingt dix ans, vénérait encore Atisha comme son maître. Ceci illustra ainsi l'importance de la venue au Tibet d'Atisha qui y resta durant trois années. Mais lorsque Atisha s'apprêtait à retourner en Inde, on l'invita à se rendre dans l'ouest du Tibet.

Le maître Atisha fut le fondateur de l'école Kadampa au Tibet. Les adeptes qui suivaient toujours les enseignements de Padmasambhava étaient alors nommés les Nyingmapas. Nyingma signifiant ancien, l'ancienne école et la nouvelle école furent ainsi différenciées.

Après la fondation de l'école Kadampa par le maître Atisha, les écoles Sakyapa, Kagyupa, Gelugpa et d'autres petites écoles apparurent successivement.

En 1260, le roi de Mongolie, Kublai Khan, conféra au chef spirituel de la lignée Sakya - Phagpa - le titre de "premier précepteur impérial". Durant cette époque-là, l'école Sakyapa détenait ainsi les pouvoirs politiques et religieux du Tibet. Par la suite, l'influence politique des Sakyapas s'affaiblit progressivement en raison du déclin de l'empire Yuan. Cependant, la cour royale des Sakyapas a préservé un statut élevé dans l'esprit des tibétains, et ce, jusqu'à nos jours.

En 1407, le roi de la dynastie Ming attribua au cinquième roi bouddhique Deshin Shekpa de la lignée Kagyu le titre de "Grand roi bouddhique". Depuis, la branche Kagyu devint peu à peu renommée et le titre de "Grand roi bouddhique" reste encore utilisé actuellement.

Toutefois, l'école Gelugpa, sous les rênes de Tsongkhapa, se développa rapidement et continua à se répandre. En 1652, le roi Gushri Khan de la dynastie Qing conféra un titre au Ve Dalaï-Lama, chef spirituel de la lignée Gelugpa. Ainsi, le Dalaï-Lama demeure-t-il le chef politique du Tibet jusqu'à nos jours.

En 1949, le Tibet subit le plus grand changement dans son histoire. Le Bouddhisme tibétain a été de nouveau démantelé. Beaucoup de lamas quittèrent leur pays et se dispersèrent à l'étranger.